J’ai 8 ans.

Je suis assise au bord de la rivière.
Le soleil perce les feuillages.
Tout autour de moi, la petite cabane construite avec mon cousin et ma cousine.
A mes pieds, une piscine à têtards.

Une odeur forte mais douce de lessive, celle du baril dans lequel j’ai transporté quelques livres jusqu’ici au cœur de la forêt.

Être au bord de l’eau, bercée par le clapotis de la rivière, au frais en cet été 1986.
Le temps de l’insouciance, de la légèreté.

Aucune responsabilité, si ce n’est celle de l’innocence de l’enfance.

17h. L’heure pour nous de retourner à la ferme pour rentrer les vaches aux côtés de nos pères. Viendra ensuite le moment de faire boire les veaux après avoir prélevé le lait directement du pis de la vache. Puis attraper la fourche, donner le foin avant de foncer dans le fenil. Faire les fous dans le foin, en avoir dans les cheveux, la peau qui gratte, puis s’élancer de 3 mètres de haut dans l’immense tas, finir au milieu de l’étable en riant.

Ce temps-là n’existe plus.
Je n’ai plus 8 ans. J’en ai 40 de plus.

Je ne serai plus jamais cette enfant insouciante au bord de l’eau, celle qui brasse des confitures, se croit toute-puissante parce qu’elle conduit un troupeau ou un tracteur,  touchant à peine les pédales du bout des pieds et le volant du bout des doigts.

Certaines choses ne se retrouveront jamais. Et trop vivre dans ses souvenirs n’est pas la meilleure option.

Il faut savoir tourner des pages, être avec son temps, au présent, et planter les graines de demain.

En ce jour de printemps, nous célébrons l’arrivée du renouveau.
Réjouissez vous des fruits à venir.
Semez ce que vous souffle votre cœur avec espoir et allégresse.

Il n’est plus le temps des regrets, ce qui était lourd à été lâché (si ce n’est pas le cas pensez urgemment à vous alléger pour ne pas repartir dans un cycle avec ce qui vous pèse).

Le meilleur à chacun de vous, et que la fertilité vous accompagne !

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Dans cette newsletter, nous irons à l’essentiel : 1 atelier, 1 séjour, 1 nouveau thérapeute.

Chaque graine porte un monde à venir, à vous de dessiner le vôtre.